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Normes et directives du CCI
A/51/34/Annexe I (version
imprimable )
- Champ
d'application
- Attributions du
Corps commun d'inspection
- Établissement du
programme de travail
- Directives
concernant la planification et l'élaboration des inspections, évaluations
et enquêtes
- Directives
portant sur les procédures d'inspection, d'évaluation et d'enquête
- Principes
applicables aux inspections, aux évaluations et aux enquêtes
- Préparation de
rapports
- Traitement et
publication des rapports
- Suivi des
rapports
- Rapport annuel
A. Champ d'application[▲haut]
1. Le Corps commun planifie, conçoit et
conduit les inspections, les évaluations et les enquêtes et établit
les rapports correspondants selon des normes et des directives.
2. Celles-ci ont été élaborées conformément au statut
du CCI et approuvées par les inspecteurs, et s'appliquent à la sélection,
à la planification et à la conduite des inspections, des évaluations
et des enquêtes et à l'établissement des rapports correspondants.
Le Corps commun peut les modifier à la lumière des résultats
obtenus et suivant les procédures officielles*.
___________________________
* Les procédures et politiques du Corps commun sont présentées
plus en détail dans le manuel interne.
___________________________
B. Attributions du Corps commun d'inspection[▲haut]
3. Aux termes des articles 5 et 6 de son
statut, le Corps commun d'inspection effectue des inspections, des évaluations
et des enquêtes pour apporter un point de vue indépendant sur
l'efficacité des services et des programmes des organisations
participantes, et sur la bonne gestion de leurs fonds. Il est le seul
organe indépendant à contrôler l'ensemble du système des Nations
Unies et le seul habilité à procéder à des inspections, des évaluations
et des enquêtes touchant tous les organismes des Nations Unies. Dans
la pratique, toutefois, il conduit principalement des évaluations et
des inspections et mène relativement peu d'enquêtes. Conformément
à son statut, il s'assure que les activités entreprises par les
organisations sont exécutées de la façon la plus économique et
qu'il est fait le meilleur usage possible des ressources disponibles
pour mener à bien ces activités.
4. Depuis sa création en 1968, le Corps commun a vu ses
activités évoluer tant avec les questions intéressant les États
Membres qu'avec les méthodes d'inspection, d'évaluation et d'enquête.
Dans les années 70, il a mis l'accent sur les rapports touchant les
évaluations et les méthodes d'évaluation, contribuant de fait à
promouvoir la mise en place de services chargés de l'évaluation
interne dans l'ensemble du système.
5. Les États Membres s'intéressant de plus en plus à la
question, le Corps commun se concentre depuis les années 80 sur
l'efficience des services fournis et l'utilisation judicieuse des
fonds; il accorde donc davantage d'importance aux questions touchant
la gestion, le budget et l'administration de certaines activités intéressant
les États Membres. Il choisit les thèmes de son programme de
travail en tenant compte des mandats confiés aux organisations
participantes par leurs organes délibérants.
6. En application de l'article 11 de son statut, le Corps
commun établit des rapports, des notes et des lettres
confidentielles sur les activités des organisations participantes.
Les inspecteurs rédigent sous leur propre signature des rapports,
des notes et des lettres confidentielles qui n'engagent qu'eux-mêmes
et dans lesquels ils exposent leurs conclusions et proposent des
solutions aux problèmes dont ils ont constaté l'existence. Les
informations et les données contenues dans les rapports, les notes
et les lettres confidentielles, ainsi que les conclusions et les
recommandations des inspecteurs, sont soumises au jugement collectif
du Corps commun.
7. Des rapports sont publiés lorsque des recommandations
sont faites aux organes délibérants des organisations participantes
concernées et doivent être examinées et adoptées par eux.
8. Les notes sont publiées et adressées aux chefs de
secrétariat des organisations participantes lorsque les chefs de
secrétariat intéressés peuvent prendre des décisions quant aux
recommandations sans l'autorisation de l'organe délibérant.
9. Les lettres confidentielles sont adressées aux chefs
de secrétariat lorsque le Corps commun souhaite attirer leur
attention sur des conclusions qui ne nécessitent pas l'établissement
d'un rapport ou d'une note ou ne peuvent figurer dans les rapports,
et sur des décisions concernant soit des recommandations, soit des
mesures correctives, soit les deux, que seuls les chefs de secrétariat
sont habilités à prendre.
10. Aux termes de son statut, le Corps commun d'inspection est
habilité à entreprendre des inspections, des évaluations et des
enquêtes qui seront menées au cas par cas selon les normes et procédures
requises. Les grandes lignes du programme de travail incluront
notamment les définitions suivantes:
- L'inspection consiste à examiner, sur place et de manière
indépendante, les activités des unités administratives afin de
vérifier que celles-ci fonctionnent comme prévu. Les inspecteurs
se penchent sur les modes de fonctionnement et les activités afin
de s'assurer de leur efficacité et de leur efficience. Ils
confrontent les méthodes, les activités, les projets et les
programmes aux critères officiels (règles et réglementations
pertinentes, instructions administratives internes, qualité des méthodes
d'exécution des autres services au sein de l'organisation en
question ou ailleurs, etc.) en ayant à l'esprit les ressources
allouées;
- L'évaluation consiste à examiner, de manière indépendante,
les résultats d'activités, de projets ou de programmes afin d'en
vérifier la pertinence, les avantages et l'impact. Elle permet de
vérifier que la qualité et la quantité des résultats obtenus
correspondent aux objectifs fixés. Elle met en parallèle les résultats
et les objectifs, conformément aux directives des organes délibérants,
et permet de s'assurer que les responsables appliquent les
meilleures méthodes de gestion et d'administration;
- L'enquête consiste à rechercher, de manière indépendante,
des informations sur la conduite d'un fonctionnaire ou d'un groupe
de fonctionnaires ou sur les mesures qu'ils ont prises, ou sur une
situation ou un événement résultant d'un accident ou d'une
catastrophe naturelle. Elle prend pour point de départ des
informations faisant état de violations des règles, règlements
et autres procédures officielles, d'une mauvaise gestion, de
fautes, de gaspillage des ressources ou d'abus de pouvoir, cela en
vue de proposer des mesures correctives au niveau de la gestion et
de l'administration et, le cas échéant, de saisir soit les
autorités judiciaires, soit les services d'investigation interne
compétents, soit les deux. L'enquête se fonde sur des normes
officielles (règles, réglementations, codes de conduite,
instructions administratives, textes législatifs, etc.).
11. Le Corps commun est secondé par un secrétaire
exécutif et par le personnel qui peut être approuvé conformément
à l'article 20 du statut.
C. Établissement du programme de travail[▲haut]
12. L'article 9 du statut stipule que le Corps
commun établit lui-même son programme de travail annuel. Ce
faisant, il prend en considération, outre ses propres observations,
ses connaissances et son appréciation du rang de priorité à
attribuer aux domaines susceptibles de faire l'objet d'une
inspection, d'une évaluation ou d'une enquête, toutes demandes émanant
des organes délibérants compétents des organisations participantes
et toutes suggestions faites par les chefs de secrétariat des
organisations et par les organes chargés, dans le système des
Nations Unies, des fonctions de contrôle budgétaire, d'enquête, de
coordination et d'évaluation.
13. Le Corps commun établit son programme de travail en se
fondant sur une analyse complète des requêtes, propositions et
suggestions, qui détermine, entre autres, la nature de l'opération
(inspection, évaluation ou enquête), ses objectifs et sa portée,
et les ressources dont dispose le Corps commun pour la mener à bien.
14. Les inspecteurs peuvent décider de remanier le programme de
travail en cours d'année afin de répondre à de nouvelles requêtes
émanant des organes délibérants ou de s'adapter à l'évolution
des priorités. Ces remaniements en cours d'année se font suivant la
procédure habituelle.
15. Le Corps commun s'efforce d'établir un programme de travail
cohérent tenant compte aussi bien des questions qui concernent
l'ensemble du système que celles qui intéressent des organisations
en particulier. Le nombre total des questions retenues pour le
programme de l'année en cours ne devrait pas excéder celui des
questions pouvant être résolues ou que l'on pourra commencer à
examiner au cours de l'année.
16. Pour préparer le programme de travail du Corps commun, le
Président s'enquiert par écrit des demandes et suggestions des
chefs de secrétariat des organisations participantes et des organes
spécialisés visés à l'article 9 du statut. Le Président demande
aussi aux inspecteurs et au personnel de recherche de lui faire part
de leurs propositions et suggestions. Les inspecteurs tiennent une
session de fond aux fins d'analyser tous les aspects des requêtes,
propositions et suggestions, en tenant compte des travaux des organes
délibérants des organisations participantes et de leurs propres
connaissances techniques et théoriques, en vue d'adopter une liste
provisoire de thèmes à inclure dans le programme de travail. Cette
session de fond leur permet d'examiner minutieusement chaque question
et d'établir ainsi un programme de travail bien conçu et cohérent.
17. Le Secrétaire exécutif informe par écrit les
organisations participantes et les organes spécialisés de sa décision
d'inclure ou non leurs suggestions au programme de travail, et leur
transmet la version intégrale dudit programme.
Directives concernant la planification et l'élaboration
des inspections, évaluations et enquêtes[▲haut]
18. Les inspecteurs sont entièrement
responsables de la planification, de l'élaboration, de la
programmation, de l'établissement et du contenu définitif de leurs
notes, lettres confidentielles et rapports.
19. Lors de la phase de planification des inspections, évaluations
et enquêtes, les inspecteurs en précisent et définissent au mieux
la finalité et les objectifs; en spécifient la portée; cernent les
questions d'ordre méthodologique et se familiarisent avec les
modalités, activités, projets, ou programmes à l'étude, y compris
les directives données par les organes délibérants.
20. Après avoir inscrit une question à leur programme de
travail, le ou les inspecteurs responsables, aidés du Secrétaire exécutif
et des assistants de recherche affectés à cette tâche, établissent
dès que possible le plan conceptuel structuré et complet de l'évaluation
ou de l'enquête ainsi qu'un plan détaillé de programmation des
activités, et déterminent les moyens les plus efficaces pour la
collecte des informations utiles. Ils analysent les informations immédiatement
disponibles et prennent, si nécessaire, des contacts pour planifier
leur travail.
21. Le plan conceptuel précise la méthode à suivre et expose
notamment dans le détail la finalité et les objectifs de l'opération,
qui devraient être clairs, précis, impartiaux et mesurables, les
questions et problèmes qui doivent être abordés, et les
conclusions et recommandations éventuelles. Il indique et définit
en particulier la nature et la quantité des informations et des
renseignements indispensables, les méthodes de collecte et
techniques d'analyse des données, le montant estimatif des frais de
déplacement, les attributions des inspecteurs et du personnel
concerné et la répartition des tâches.
22. Les inspecteurs tiennent compte de la contrainte que
supposent pour les organisations le choix des méthodes de collecte
et d'exploitation des données pendant la phase de conception. Le
questionnaire, si l'on juge qu'il est le moyen le plus efficace de
recueillir des données, devra être aussi concis et précis que
possible. Les normes relatives à l'élaboration des questionnaires
sont exposées dans le manuel des procédures internes du Corps
commun.
23. Afin de limiter la charge de travail supplémentaire imposée
aux secrétariats, l'on devrait s'abstenir de leur demander de
fournir des informations qui sont d'un accès immédiat, telles que
celles figurant dans les budgets-programmes, règlements financiers
et règles de gestion financière, statuts et règlements du
personnel, rapports financiers et comptes, rapports des organes
directeurs, documents établis à l'intention des organes directeurs
et autres guides et manuels. Les renseignements ainsi recueillis
peuvent être vérifiés auprès des organisations concernées si les
inspecteurs le jugent nécessaire. En outre, le Corps commun
s'efforce d'être plus sélectif dans ses demandes d'informations et
de mieux exploiter les moyens informatiques.
24. Conformément à l'article 6 du statut, les inspecteurs bénéficieront,
à tous les échelons, d'une entière coopération de la part des
organisations, y compris l'accès à tout renseignement ou document
particulier en rapport avec leurs travaux. Dans le cas contraire, les
inspecteurs peuvent porter l'affaire devant un haut fonctionnaire de
l'organisation, voire, si nécessaire, devant le chef de secrétariat.
Si cette mesure reste sans effet, les inspecteurs peuvent en rendre
compte dans leur rapport et le Corps commun peut inclure une note à
ce sujet dans son rapport annuel.
E. Directives portant sur les procédures
d'inspection, d'évaluation et d'enquête[▲haut]
Inspection
25. L'objectif d'une inspection est d'améliorer l'efficacité
et la rentabilité des opérations. En conséquence, lors des phases
de planification et de conception, les inspecteurs formulent les buts
et définissent les questions à soulever de sorte à mettre en
regard les méthodes et activités des services visés et les critères
établis, et à déterminer si les ressources sont gérées
efficacement et rationnellement. À la fin de la phase conceptuelle,
les inspecteurs devraient être en mesure de:
- Dégager les critères existants, tels que les règles,
réglementations ou directives des organes délibérants qui régissent
les méthodes et activités visées, ces critères devant servir
de base à l'évaluation de l'efficacité et de la rentabilité
des opérations;
- Recenser les mesures prises par les organes délibérants
ou exécutifs et qui pourraient affecter les méthodes ou activités
visées;
- Cerner les intérêts et les préoccupations des États
Membres la matière;
- Préciser le but exact de l'inspection, laquelle
visera, le cas échéant, à apporter une réponse aux questions
suivantes:
- Le service faisant l'objet d'une inspection
acquiert-il, protège-t-il et exploite-t-il ses ressources
(personnel, biens, locaux, etc.) de façon économique et
rentable?
- Qu'est-ce qui fait que les procédures retenues
sont inefficaces et trop dispendieuses?
- Le service visé respecte-t-il les règles et réglementations
visant à utiliser les fonds avec économie?
- Comprendre les méthodes, les activités, les projets
ou les programmes à inspecter;
- Déterminer si des moyens de contrôle interne
pertinents existent et s'ils sont mis en oeuvre. Les inspecteurs
doivent être attentifs aux situations ou transactions qui peuvent
donner lieu à une violation des règles et réglementations ou à
des fautes pouvant avoir une incidence directe sur les résultats.
Évaluation
26. L'objectif d'une évaluation est de mesurer les résultats
d'une activité, d'un projet ou programme au regard des directives
données par les organes délibérants. Les inspecteurs formulent les
objectifs et questions à soulever de façon à comparer les résultats
obtenus aux directives établies et à en établir la pertinence, la
conformité et l'impact. Les deux grandes catégories d'évaluation
auxquelles le Corps commun procède normalement sont les suivantes:
- Évaluation transformatrice ou évaluation des
processus. Il s'agit notamment d'évaluer les processus d'exécution
d'une activité, d'un projet ou d'un programme en cours afin de
proposer des modifications et/ou des améliorations. L'on procédera
notamment à l'analyse des stratégies de gestion et de
l'interaction entre des personnes participant au programme, à l'évaluation
du personnel et à des enquêtes pour déterminer comment le
programme est perçu, et l'on pourra formuler des observations.
Dans certains cas, l'on pourra comparer plusieurs organismes.
- Évaluation d'impact ou de résultat. Il s'agit là de
l'une des formes les plus courantes de l'évaluation, qui consiste
à déterminer dans quelle mesure une activité, un projet ou un
programme se déroule comme prévu. L'évaluation d'impact - ou
l'examen des résultats d'un programme - a pour objectif de
fournir des informations qui permettront de prendre en
connaissance de cause des décisions importantes concernant la
poursuite, l'expansion ou la réduction du programme. Une évaluation
d'impact menée par un organe indépendant - ce qu'est le Corps
commun d'inspection - est précieuse, car plus l'analyse est indépendante
et plus les résultats de l'évaluation sont crédibles.
27. À la fin de la phase conceptuelle, les
inspecteurs doivent être en mesure de:
- Dégager les critères ou directives des organes délibérants
qui définissent les objectifs fixés pour l'activité, le projet
ou le programme visé;
- Recenser les mesures prises par les organes exécutifs
ou délibérants qui pourraient affecter l'activité, le projet ou
le programme visé;
- Cerner les intérêts et les préoccupations des États
Membres en la matière;
- Préciser le but de l'évaluation, laquelle visera, le
cas échéant, à apporter une réponse aux questions ci-après:
- Dans quelle mesure les résultats ou objectifs fixés
par l'organe délibérants ont-il été atteints?
- L'activité, le projet ou le programme est-il
suffisamment bien conçu pour réaliser les objectifs et buts
fixés par l'organe délibérant?
- L'activité, le projet ou le programme visé est-il
conforme aux principales règles et réglementations
applicables?
- L'activité, le projet ou le programme est-il conçu
de façon que les objectifs en soient atteints efficacement et
économiquement?
- Comprendre les objectifs de l'activité, du projet ou
du programme et les étapes qui ont mené à son adoption par les
organes délibérants;
- Recenser toutes les règles et réglementations
applicables à l'exécution du mandat. Bien qu'il ne s'agisse pas
d'un objectif essentiel lors d'une évaluation, les inspecteurs
devraient définir leurs travaux, de manière à pouvoir
raisonnablement s'assurer qu'une violation de ces règles et réglementations
ou qu'une faute qui pourrait compromettre sérieusement les buts
de l'évaluation peut être décelée. Ils doivent être particulièrement
attentifs aux situations ou transactions qui dénoteraient une
mauvaise gestion, des fautes ou un abus de pouvoir qui pourraient
avoir un effet direct sur les résultats;
- Déterminer les moyens de contrôle interne pertinents.
28. Il faut parfois retenir, aux fins des évaluations,
des méthodes plus structurée que pour les inspections. En conséquence,
le plan conceptuel d'une évaluation comportera, le cas échéant:
- Si l'on procède par sondage, la description et la vérification
des différents aspects de la méthode d'échantillonnage (choix
du groupe, mode de sélection, délais prévus, etc.);
- La description des méthodes et instruments de mesure
ainsi qu'une évaluation de leur fiabilité et validité au regard
de l'échantillon;
- La preuve que les procédures et instruments appropriés
ont été précisés.
Enquête
29. L'objectif d'une enquête est de déterminer si, dans des
cas précis, il y a eu infraction aux règles, réglementations et
autres procédures établies, irrégularité de gestion, faute,
dilapidation des ressources, ou abus de pouvoir.
30. En cas d'infraction aux règles ou réglementations, de
faute ou abus de pouvoir présumés, le Corps commun décide s'il lui
faut faire appel à du personnel doté des qualifications nécessaires
pour le conseiller. Dans certains cas, la méthode à retenir exige
l'assistance d'un conseiller juridique. Le Corps commun peut aussi décider
de renvoyer l'affaire devant les autorités compétentes, c'est-à-dire
le Bureau des services de contrôle interne de l'ONU, les organes de
contrôle interne des autres organisations concernées et/ou les
services nationaux de répression.
31. Les directives et normes relatives à la collecte et à
l'analyse des données sont strictement appliquées, notamment en ce
qui concerne la corroboration des renseignements recueillis auprès
de sources différentes. Le dossier doit être suffisamment solide
pour établir la réalité des faits, et il doit être constitué
suivant une procédure détaillée, laquelle peut être modifiée
lorsque de nouvelles preuves sont apportées. Dans tous les cas, il
est essentiel de respecter la procédure régulière et d'évaluer et
de vérifier soigneusement tout élément de preuve.
32. Tous les renseignements recueillis dans le cadre d'une enquête
doivent être protégés tant du point de vue matériel (c'est-à-dire
de sorte à en empêcher toute altération et destruction) que pour
ce qui est de la confidentialité des sources.
F. Principes applicables aux inspections, aux évaluations
et aux enquêtes[▲haut]
Principes généraux
33. Lors des inspections, des évaluations et des enquêtes, le
Corps commun se conforme à certains principes généraux qui
garantissent la cohérence et la qualité des informations et des
conclusions présentées dans ses rapports, notes et lettres
confidentielles sur les activités des organisations participantes.
- Indépendance. Les inspecteurs doivent être indépendants
et ne subir aucune influence, de la part de quelque pays ou
organisation que ce soit, dans la conduite de leurs inspections,
évaluations et enquêtes. Conformément à l'article 7 du statut,
ils s'acquittent de leurs fonctions en toute indépendance et dans
l'intérêt exclusif des organisations. Les rapports, notes et
lettres confidentielles se fondent sur une analyse indépendante
et objective.
- Compétence. Les inspecteurs, le Secrétaire exécutif
et les autres membres du personnel doivent justifier des
qualifications et des compétences nécessaires à l'exercice de
leurs fonctions. Le Corps commun doit pouvoir utiliser les méthodes
les plus modernes, y compris les techniques systémiques, les méthodes
analytiques d'examen et celle du sondage statistique.
- Intégrité. Les inspecteurs, le Secrétaire exécutif
et les autres membres du personnel doivent faire preuve de la plus
haute intégrité dans l'exercice de leurs fonctions.
- Déontologie. Les inspecteurs, le Secrétaire exécutif
et les autres membres du personnel doivent utiliser des méthodes
objectives et indépendantes pour recueillir et évaluer les
informations et pour formuler leurs conclusions et
recommandations. Ils sont tenus au secret professionnel en ce qui
concerne tous les renseignements confidentiels qu'ils reçoivent.
- Qualité. Le Corps commun planifie, organise et
mène ses travaux de manière à en garantir la qualité, c'est-à-dire
l'exactitude, l'objectivité, l'équité, l'exhaustivité, la
pertinence, la valeur ajoutée, la rapidité d'exécution et la
clarté.
Autres principes généraux
34. Le Corps commun emploie un personnel dûment qualifié pour
la conduite d'inspections, d'évaluations et d'enquêtes.
35. Le Corps commun a pour politique d'offrir des possibilités
de formation aux inspecteurs, au Secrétaire exécutif et au
personnel afin qu'ils améliorent et mettent à jour leurs
qualifications et compétences et soient ainsi plus efficaces.
Principes relatifs à la
collecte et l'analyse des données
36. Chaque inspection, évaluation ou enquête est précisément
adaptée aux objectifs fixés et conçue de sorte à recenser les
lacunes, faiblesses et défaillances administratives éventuelles et
à proposer des mesures correctives.
37. Pour chaque inspection, évaluation ou enquête, il est fait
appel à plusieurs sources de données. La combinaison de ces
sources, l'importance donnée à chacune d'elles et les méthodes
d'analyse peuvent varier d'un cas à l'autre, mais chaque source est
utilisée pour corroborer et vérifier les autres. Les sources
retenues peuvent notamment être les suivantes:
- Enquêtes sur le terrain;
- Examen des dossiers individuels;
- Fichiers informatiques;
- Examen de documents imprimés, d'enregistrements audio, de films
et de bandes vidéo;
- Questionnaires et enquêtes envoyés par courrier;
- Observations personnelles;
- Entretiens.
38. Le jugement et les conclusions des
inspecteurs concernant l'organisation, les méthodes, l'activité, le
projet ou le programme faisant l'objet d'une inspection, d'une évaluation
ou d'une enquête se fondent sur des informations fiables,
pertinentes et exactes. Tout au long de la phase de collecte et
d'analyse des données, les inspecteurs appliquent les principes
suivants pour garantir la cohérence et la qualité des informations:
Fiabilité : Les données et informations
sont-elles fiables et cohérentes?
Validité : Peut-on être sûr que les données
et informations mesurent effectivement ce qu'elles sont censées
mesurer?
Pertinence : Les données et informations
permettront-elles de répondre aux questions que se posent les décideurs?
Intérêt : Les données et informations
vont-elles au-delà de ce qui transparaît d'une observation directe
et apprennent-elles aux décideurs quelque chose de nouveau et
d'important?
Efficacité : Les données et informations
sont-elles collectées de manière à faire l'utilisation la plus économique
possible des ressources disponibles et contribuent-elles de manière
singulière à améliorer concrètement les opérations concernées?
Rapidité : Les informations analytiques, les
conclusions et les recommandations seront-elles prêtes à temps pour
répondre aux besoins des décideurs?
39. Toutes les données collectées, y compris
par le biais d'entretiens et d'observations, doivent être étayées
par des documents afin de faciliter l'échange d'informations entre
les inspecteurs, le Secrétaire exécutif et le personnel. De plus,
ces documents seront utilisés lors des phases d'analyse et de rédaction
et serviront de documents d'appui lors de la présentation des
conclusions aux organes délibérants.
G. Préparation de rapports[▲haut]
Généralités
40. Après chaque inspection, évaluation ou enquête, les
inspecteurs rédigent un rapport, une note ou une lettre
confidentielle qui en présente de manière uniforme et claire les
objectifs, les conclusions et les recommandations. Les rapports,
notes et lettres confidentielles doivent être faciles à comprendre,
n'être ni vagues ni ambigus, comprendre uniquement des informations
se fondant sur des preuves fiables, valides et pertinentes, utiliser
les dernières techniques de publication et être indépendants,
objectifs, justes, constructifs, courts et concrets. Les
recommandations doivent être pratiques et orientées vers l'action.
41. Les rapports, annexes comprises, ne doivent pas dépasser le
nombre de pages fixé. Si un rapport, par sa nature même, ne peut être
limité au nombre de pages réglementaire, le Corps commun doit
envisager d'en publier une version officielle plus courte (qui sera
traduite et présentée aux organes délibérants) et de faire
figurer les informations complémentaires dans une note à part.
Examen interne des rapports
42. En sa qualité de coordonnateur, le Président doit
s'assurer que les rapports font l'objet d'un examen interne
collectif.
43. La première version du rapport, éventuellement modifiée,
est diffusée auprès des organisations et autres entités concernées
afin que celles-ci puissent proposer des corrections et des éclaircissements
et confirmer l'exactitude des informations. Leurs observations sont
intégrées dans le projet de rapport. Le Corps commun rend généralement
compte de tous les éclaircissements et corrections factuels mais se
réserve le droit de ne pas prendre en compte certaines observations
quant au fond.
44. La version finale de chaque rapport est discutée au cours
d'une réunion officielle d'inspecteurs.
Divergences de vues
45. Lorsqu'un inspecteur est en désaccord avec les
recommandations formulées dans un rapport, il peut demander au Président
de créer un "comité de bons offices" composé de trois
inspecteurs et ne comprenant ni l'auteur du rapport ni l'inspecteur
qui a exprimé son désaccord. Ce comité tente de trouver un
compromis et fait rapport au Corps commun.
46. Lorsque le "comité de bons offices" signale au
Corps commun qu'aucun compromis n'a pu être trouvé concernant les
recommandations visées, et que le Corps commun lui-même ne parvient
pas à un accord, les inspecteurs qui le souhaitent peuvent exprimer
leurs divergences de vues dans un bref exposé écrit qui sera joint
au rapport.
H. Traitement et publication des rapports[▲haut]
47. Le Corps commun ne doit pas communiquer les
rapports aux médias avant qu'ils ne soient publiés comme documents
officiels à distribution générale.
48. Le Secrétaire exécutif vérifie que la procédure
d'acheminement et de traitement des rapports précisée aux alinéas
a) à e) du paragraphe 4 de l'article 11 du statut est bien suivie;
il signale tout écart éventuel au Président et aux organisations
concernées.
I. Suivi des rapports[▲haut]
49. Le Corps commun fait figurer, dans son
rapport annuel, un résumé de l'application de ses principales
recommandations.
50. L'article 12 du statut stipule que les chefs de secrétariat
des organisations veillent à ce que les recommandations du Corps
commun qui ont été approuvées par leurs organes compétents
respectifs soient appliquées aussi diligemment que possible. Par
ailleurs, les inspecteurs qui ont rédigé les rapports, assistés
par le personnel de recherche, jouent un rôle essentiel dans le
suivi des rapports. Un mécanisme a été mis en place pour faciliter
ce processus.
51. Lorsque l'inspecteur qui a rédigé un rapport donné quitte
le Corps commun, c'est celui-ci qui assure le suivi.
J. Rapport annuel[▲haut]
52. Le rapport annuel du Corps commun comprend
une brève description des activités du Corps commun au cours de la
période considérée, un exposé des problèmes qui doivent être
portés à l'attention des organes délibérants ainsi qu'un chapitre
sur l'application de ses recommandations.
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